Les punks, ces pionniers des combats écologiques

Formidable élan de créativité et d’énergie artistiques, le punk rock est aussi une constellation d’idées et de pratiques collectives qui forment depuis les années 1980 un puissant mouvement contestataire, notamment en matière d’écologie. Le sociologue Fabien Hein (Université de Lorraine) et l’éditeur et traducteur Dom Blake nous plongent dans ce monde en mouvement avec leur ouvrage « Écopunk », paru le 22 mars 2023 aux éditions Le Passager clandestin, et dont nous vous proposons de découvrir un extrait.

« Si les animaux pouvaient parler. Si les planètes, les arbres, les rivières, les montagnes et les océans pouvaient protester, eux aussi réclameraient l’arrêt des dégradations causées à la nature par l’avidité des êtres humains. L’instinct de conservation est le premier des instincts, mais nous avons été tellement bernés, désinformés, sous-instruits et, en définitive, roulés dans la farine que même des parents bienveillants enseignent, sans en avoir conscience, l’autodestruction et la destruction de la planète à leurs enfants dès le plus jeune âge.

A priori, on pourrait s’attendre à ce que le monde aille vers davantage d’intelligence et de délicatesse. Qu’il réponde aux besoins de la population et résolve les problèmes sociaux. Mais il semblerait que les détenteurs du pouvoir aient choisi de prendre exactement le chemin inverse, générant ainsi toujours plus de faim, d’exploitation, de racisme et de pollution sous l’égide de régimes militarisés à tendance dictatoriale. »

Cette déclaration accompagne la parution, en 1984, d’une compilation de titres joués par 55 groupes punks de divers pays, parmi lesquelles Crass, Dead Kennedys, MDC, Reagan Youth, Conflict ou encore Negazione. Le projet avait été initié en 1982 par le label indépendant du groupe étatsunien MDC, R Radical Records, en association avec le tout nouveau Maximumrocknroll, futur fanzine de référence pour l’ensemble de la scène punk anglo-saxonne.

Le groupe Crass sur scène

Le groupe Crass en concert à Cleator Moor (Grande-Bretagne) en 1984. De gauche à droite : Pete Wright (guitare basse), Steve Ignorant (chanteur), N.A. Palmer (guitare).
Trunt/Wikipedia, CC BY-NC-ND

L’album s’intitule P.E.A.C.E./War, l’acronyme PEACE déclinant les principes fondamentaux qui animent ces formations de la scène punk : « peace, energy,…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Fabien Hein, Maître de conférences en sociologie, Université de Lorraine

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