Les raisons de la hausse de mortalité des nouveaux-nés en France

Pendant des décennies, la mortalité infantile en France n’a cessé de reculer. Progrès de la médecine, meilleur suivi des grossesses, amélioration de la prise en charge des nouveau-nés : qu’un enfant meure avant son premier anniversaire était devenu toujours plus rare. Mais depuis une quinzaine d’années, cette dynamique s’est inversée.

En 2024, 2 710 enfants sont morts en France avant l’âge d’un an. Le taux de mortalité infantile atteignait alors 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes, contre 3,5 pour 1 000 en 2011. Une évolution d’autant plus préoccupante que la France fait désormais moins bien que la moyenne européenne. Le constat est suffisamment grave pour que l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) parle d’un « excès de mortalité néonatale, et donc infantile, considérable ».

Pourtant, le rapport de plus de 300 pages consacré à cette dégradation, achevé en janvier 2026, n’a été rendu public que le 4 août suivant. Selon les révélations du Canard enchaîné, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, aurait refusé pendant sept mois sa publication. Le document a finalement été mis en ligne après que l’hebdomadaire en a révélé l’existence.

Portrait de Stéphanie Rist. 2025. Wikimedia.

Au-delà de ce scandale d’État, les conclusions de ce rapport posent une question vertigineuse : comment l’un des pays les plus riches d’Europe a-t-il pu régresser à ce point en matière de mortalité infantile ?

La mortalité infantile augmente en France depuis plus de dix ans

En avril 2025, l’Insee résumait la situation avec un chiffre particulièrement frappant : un enfant sur 250 meurt avant l’âge d’un an en France.

Le taux de mortalité infantile est passé de 3,5 pour 1 000 naissances vivantes en 2011 à 4,1 pour 1 000 en 2024. Derrière une différence qui peut sembler minime se cachent pourtant plusieurs centaines de morts supplémentaires chaque année. Aussi, la…

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Auteur: Mr Mondialisation