Les récits mettant en scène la décadence d’une nation sont au cœur des politiques réactionnaires depuis des âges immémoriaux. Elon Musk ou Donald Trump les reprennent à leur compte. On les retrouve chez Oswald Spengler, auteur allemand culte de la période prénazie, dans les légendes bibliques de Sodome et Gomorrhe ou dans le mythe hindou du Kali Yuga.
« C’est le taux de natalité. C’est le taux de natalité. C’est le taux de natalité », peut-on lire dans l’introduction du manifeste du tireur de Christchurch, qui a tué 51 personnes dans une mosquée en 2019. Il affirmait que les Blancs étaient « remplacés » par d’autres races et qu’ils ne survivraient pas si l’on n’agissait pas.
Quelques années plus tard, la même obsession pour les taux de natalité est devenue une phrase d’accroche de l’activisme quotidien d’Elon Musk sur les réseaux sociaux.
Ne vous méprenez pas, Elon Musk n’est ni un suprémaciste blanc ni un terroriste d’extrême droite. Pourtant, comme d’autres personnes aux opinions extrémistes, il défend l’idée que la société est en déclin et qu’il est nécessaire d’agir pour éviter l’apocalypse qui vient. Ces chevauchements rhétoriques sont loin d’être une coïncidence. Ils découlent d’une philosophie réactionnaire qui a une longue histoire et qui a connu des succès.
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L’angoisse que les faibles taux de natalité conduisent inévitablement à l’effondrement de la population hante l’Occident depuis que la consommation de masse est devenue son mode de vie dominant. Cela renvoie à la crainte malthusienne plus ancienne d’une croissance exponentielle de la population qui dépasserait…
Auteur: Felix Schilk, Research Assistant, Faculty of Philosophy , University of Tübingen

