Ces zones, dédiées à la protection à long terme de milieux naturels, représentent aujourd’hui seulement 0,37 % de la surface de l’hexagone. La protection de la faune et la flore y est plus forte que dans la plupart des autres espaces protégés français. Les tirs d’espèces protégées, comme le loup, y sont aujourd’hui totalement interdits.
Un collectif de gestionnaires d’aires protégées et d’ONG environnementales, dont les Réserves Naturelles de France, les Parcs naturels régionaux de France, FERUS ou encore la Ligue pour La Protection des Oiseaux (LPO), demandent « le retrait immédiat de cette disposition ».
Des engagements piétinés
L’amendement, déposé par le député Horizons Xavier Roseren, s’inscrit dans la longue liste des incohérences du gouvernement et du bloc central en ce qui concerne les espaces protégés français.
« Permettre ces tirs serait une rupture avec le principe de protection forte », dénonce le collectif. « Les autoriser pour une espèce protégée ouvrirait la porte à une banalisation des interventions létales dans des territoires censés garantir la préservation du vivant ».
« On a les mêmes ambitions et les mêmes objectifs que les cœurs de parcs nationaux où les tirs de loups sont interdits », ajoute Michel Delmas, président de Réserves naturelles de France. « Pourquoi nous traiter différemment ? Tirer des loups dans les réserves est antinomique, c’est aussi contraire aux engagements internationaux de la France ».
Si la Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2030, défendue par Emmanuel Macron vise à placer 10 % du territoire sous protection forte d’ici 2030, des défenseurs de la nature pointent depuis des années un détricotage du principe de protection.
À l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC) accueillie par la France en juin 2025, l’ONG Bloom dénonçait par exemple la mise en place d’aires marines « faussement…
Auteur: Eloi Boye

