Les revendications éphémères de la France en mer de Chine méridionale (1930-1956)

Le drapeau français sur les îles de mer de Chine méridionale : aujourd'hui, seule l'IA peut créer cette vision, qui aurait pourtant bien pu se réaliser. Paco Milhiet/Mistral AI, Fourni par l'auteur

Puissance coloniale en Indochine (1862–1954), la France a pendant un temps revendiqué la souveraineté sur les îles Paracels et Spratleys. Les bouleversements géopolitiques de la Seconde Guerre mondiale puis le processus de décolonisation ont progressivement sapé ses ambitions, conduisant à son éviction régionale. Retour sur cet épisode éphémère, qui préfigure les tensions actuelles en mer de Chine méridionale.


Épicentre des tensions géopolitiques en Asie du Sud-Est, la mer de Chine méridionale est un espace maritime stratégique et contesté. Voie de communication essentielle pour le commerce mondial, notamment pour le transit des hydrocarbures, ce bassin maritime recèle d’importantes ressources halieutiques, ainsi que des gisements de matières premières.

Elle est également constellée de structures marines (îles, îlots, rochers, hauts-fonds, récifs, cayes), principalement regroupées en trois archipels : les Paracels à l’ouest, les Spratleys au sud et les Pratas au nord. Ces poussières insulaires ne représentent qu’une quinzaine de km2 de terres émergées. Dépourvues d’intérêts économiques propres, peu propices à l’implantation durable de communautés humaines, elles ont longtemps suscité le désintérêt, voire la méfiance, des États riverains, en raison des risques qu’elles représentaient pour la navigation.

Pourtant, depuis la signature de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer en 1982, les convoitises étatiques s’aiguisent autour de la supposée juridiction que ces structures confèrent aux espaces maritimes environnants. En résulte une course à l’occupation, des revendications souveraines qui se superposent, et des accrochages réguliers entre marines de guerre, garde-côtes et pécheurs. La…

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Auteur: Paco Milhiet, Visiting fellow au sein de la Rajaratnam School of International Studies ( NTU-Singapour), chercheur associé à l’Institut catholique de Paris, Institut catholique de Paris (ICP)

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