Une forêt en équilibre avec l’eau
C’est un écosystème à part entière, un filtre naturel, un réservoir de biodiversité et un régulateur hydrologique dont l’importance est trop souvent sous-estimée.
« La ripisylve, c’est la végétation, plutôt arborée, qui pousse en bord de l’eau », explique Simon Dufour pour La Relève et La Peste. « Parfois, on parle aussi de forêt riveraine. Ce qui la caractérise, c’est sa dépendance à l’eau. Elle en a besoin pour fonctionner, et en retour, elle influence le cours d’eau. »
Cette relation symbiotique est au cœur de son rôle écologique. Les arbres et arbustes qui composent la ripisylve – saules, peupliers, aulnes, frênes… – forment une mosaïque végétale adaptée aux variations du niveau d’eau, aux crues et aux dépôts de sédiments.
Mais la ripisylve n’est pas qu’une simple bande d’arbres. C’est un écotone, c’est-à-dire une zone de transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. Elle joue un rôle clé dans la protection des écosystèmes.
« Elle agit comme un filtre », poursuit Simon Dufour. « Quand il pleut, l’eau ruisselle sur les champs, emporte des sédiments, des polluants, des engrais… En traversant la ripisylve, une partie de ces éléments est retenue, consommée, épurée. »
Sans elle, ces polluants se retrouveraient directement dans les rivières, perturbant la qualité de l’eau et la vie aquatique.
Muids, Normandie, Vallée de la Seine – Crédit : Isabelle Vauconsant
Un refuge pour la biodiversité
La ripisylve est aussi un sanctuaire pour la biodiversité. Les conditions humides et la présence d’eau dans le sol une grande partie de l’année créent un habitat unique, propice à des espèces végétales et animales spécifiques.
« On y trouve des arbres comme l’aulne ou le frêne, qui sont typiques des bords de cours d’eau », précise Simon Dufour. « Et puis, il y a toute une faune qui en dépend : oiseaux,…
Auteur: Isabelle Vauconsant

