Au lendemain du discours de politique générale du premier ministre, François Bayrou, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, expliquait depuis l’Assemblée nationale pourquoi la plupart des députés de son groupe ne joindraient pas leurs voix en faveur de la motion de censure contre le nouveau gouvernement déposée par tous leurs collègues du Nouveau Front populaire (NFP), portant ainsi un coup dur à l’alliance de gauche.
Faut-il pour autant y voir une brisure immédiate, sinon irrémédiable, du NFP, faisant peser sur les socialistes une lourde responsabilité quant à l’avenir de la gauche et de sa volonté d’unité ? Plus largement, la social-démocratie serait-elle intrinsèquement destinée à rompre avec les différentes formules d’union de la gauche au fil du temps, voire à apparaître comme le sempiternel traître à celle-ci une fois au pouvoir ?
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Les socialistes en auront beaucoup entendu depuis près d’un siècle : « sociaux-traîtres », « alliés de la bourgeoisie », « tenants du social-libéralisme », parfois même « social-fascistes » ! Les débats au sein de la gauche ont été et sont toujours âpres entre son pôle réformiste, d’un côté, et celui plus radical, de l’autre. Les exemples historiques sont légion. Sans remonter aux contraintes budgétaires qui ont fait ralentir les réformes espérées du Cartel des gauches en 1924 ou l’entrée dans la guerre froide qui a porté à partir de 1947 (et le gouvernement Ramadier) la SFIO à devenir un pilier gestionnaire de la IVe République, on se souvient du fameux « tournant de la rigueur » de 1983.
Diktats néolibéraux
Deux ans après…
Auteur: Olivier Doubre

