Les sondages d’opinion, chance ou problème pour les démocraties ?


L’ESSENTIEL

  • À l’approche de la présidentielle 2027, les sondages préélectoraux se multiplient en France.

  • Les sondages éclairent les rapports de force, mais peuvent aussi influencer électorat et responsables politiques.

  • Leur fiabilité est bien meilleure pour le second tour que pour le premier. Leurs effets sur le vote restent difficiles à mesurer.


Trente sondages préélectoraux ont déjà été publiés concernant l’élection présidentielle d’avril-mai 2027 et leur rythme va évidemment s’accélérer dans les prochains mois.

Ce qui incite à ouvrir, à nouveau frais, une réflexion sur la validité de ces outils d’information et sur leur intérêt : sont-ils une chance ou un problème pour les démocraties ? Permettent-ils un meilleur fonctionnement de celles-ci ou au contraire les abîment-ils ?

La longue histoire des sondages d’opinion

Au début du XXe siècle, on découvre progressivement comment on peut connaître les caractéristiques d’une population en sélectionnant seulement un tout petit groupe parmi celle-ci : dans les années 1920, des études marketing sont réalisées aux États-Unis sur la consommation des ménages, le lectorat de la presse et de la radio. Ces nouveaux outils de connaissance sont ensuite appliqués au domaine politique.

Lors de l’élection présidentielle américaine de 1936, Archibald Crossley, George Gallup et Elmo Roper, hommes de médias et de marketing, utilisent tous trois ces nouvelles méthodes d’échantillon représentatif en interrogeant quelques milliers de personnes pour prévoir le résultat du vote : via ces tout premiers sondages d’opinion politique, ils pronostiquent une large réélection de Roosevelt.

En parallèle, la revue Literary Digest mise sur le nombre : elle organise une vaste consultation auprès de ses lecteurs pour connaître leur intention de vote et reçoit plusieurs millions de réponses. Cet agglomérat très nombreux mais non représentatif du…

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Auteur: Pierre Bréchon, Professeur émérite de science politique, Sciences Po Grenoble, Auteurs historiques The Conversation France