Les Soulèvement de la Terre sèment des graines en Auvergne contre les mégabassines

Vertaizon (Puy-de-Dôme), reportage

Au pays du maïs hybride et du géant de l’agro-industrie Limagrain, planter des semences paysannes est un acte politique, pour ne pas dire un acte subversif. Les discussions ont été longues pour préparer la journée de vendredi 10 mai, préambule au grand rassemblement du lendemain, porté par Bassines non merci 63 (BNM63), la Confédération paysanne, Extinction Rebellion, les Faucheurs volontaires et Les Soulèvements de la Terre.

« Nous voulions faire un semis public mais les pressions ont été trop fortes », lance en guise d’introduction, Camille, une des organisatrices. Résultat, une trentaine de personnes seulement se retrouvent en cet après-midi ensoleillé sur la parcelle d’un agriculteur « ami », dans une petite commune du Parc régional du Livradois-Forez, pour une action éminemment symbolique.

« Il y a un lien très fort entre la filière maïs et les mégabassines. Ce que nous voulons rappeler ici, c’est que nous ne sommes pas contre la culture du maïs en soi mais qu’on peut faire du maïs autrement, sans être prisonniers des multinationales semencières » poursuit la jeune femme. « Ce à quoi nous nous opposons, c’est au “minerai maïs”, complète pour nous Basile, des Soulèvements de la Terre, un maïs qui sert pour l’élevage hors-sol, les méthaniseurs, les biocarburants, comme marchandise pour l’export. »

Si l’organisation de ce semis paysan — utilisant donc des semences prélevées par un agriculteur sur sa récolte et non achetées à un semencier — a suscité autant de débats et de préoccupations, c’est que la région est sous la coupe du semencier Limagrain, qui veille à ce que ses parcelles de semences de maïs hybrides ne soient pas « contaminées » par d’autres variétés, d’où l’existence d’un découpage précis du territoire avec des zones d’isolement, dans et autour desquelles il est interdit de planter du maïs dit…

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