Compiègne (Oise), reportage
Comment stopper les projets titanesques censés s’abattre sur le bassin versant de la Seine ? Une coalition de mouvements, sous l’impulsion des Soulèvements de la Terre, a lancé à Compiègne (Oise), le 17 mai, le premier acte de la « saison des Soulèvements de la Seine » qui doit en compter quatre d’ici juillet.
Ils espèrent réunir quatre grands combats écologistes contre l’industrialisation du fleuve : le Canal Seine-Nord Europe ; l’entrepôt logistique Green Dock, en Seine-Saint-Denis ; le drainage de la zone humide de la Bassée, au sud-est de Paris ; et la bétonisation du triangle de Gonesse, au nord de la capitale.
Projets XXL
Le premier concerne un chantier titanesque, déjà en cours, pour le percement d’une voie navigable XXL permettant à des péniches de grand gabarit de circuler entre la Seine et les ports du Nord. Ce projet de « mégacanal » de 107 km doit coûter 5 à 7 milliards d’euros, engloutir 2 500 hectares de terre et affecter en profondeur le milieu naturel, alors qu’il existe déjà un canal de taille moyenne (canal du Nord) aujourd’hui sous-exploité.
Il prévoit la construction de 6 écluses géantes, 2 ponts-canaux, ainsi que la mégabassine de retenue d’eau la plus grande de France, pour assurer un débit continue (22 fois plus grande que celle de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres).
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Après des décennies d’atermoiements, les travaux d’une première écluse et d’un pont destiné à l’acheminement des matériaux ont débuté à Montmacq (Oise), mais le combat des opposants est loin d’être perdu. Deux recours juridiques, contre l’enquête publique et l’autorisation environnementale, sont en attente de jugement et de nombreuses espèces protégées ont été inventoriées sur le tracé du chantier, ouvrant autant de possibilités de recours contre chacune…
Auteur: Erwan Manac’h, Pierre-Yves Lerayer

