Les statues coloniales d’Afrique ont été retirées, restituées et démolies : pourquoi leur histoire est si complexe

En 2020, le meurtre de George Flyod aux États-Unis a servi de catalyseur du mouvement du Mouvement Black Lives. Cela a déclenché de nombreuses protestations contre la brutalité policière et le racisme systémique. Il a également suscité des débats sur les symboles historiques de l’oppression, tels que les statues de personnalités associées aux injustices raciales.

Ces débats ont présenté des statues coloniales en Afrique comme ayant été contestées et renversées pendant de nombreuses années, depuis que les États africains ont accédé à l’indépendance. En effet, ces statues étaient au cœur du monde colonial, symbolisant sa violence, la suprématie blanche et l’effacement de l’histoire précoloniale. Mais les monuments coloniaux dans les espaces publics africains ont une histoire beaucoup plus complexe et souvent négligée.

En tant que spécialiste du patrimoine africain, j’ai récemment publié une étude examinant les statues coloniales et la manière dont elles ont été considérées dans l’Afrique postcoloniale. Mon enquête historique met en évidence trois phases majeures.

Premièrement, à l’époque des indépendances des États africains, entre les années 1950 et 1980, certaines statues ont été retirées des espaces publics, mais beaucoup sont restées.

Deuxièmement, les années 1990 et 2000 ont été marquées par le “retour des empires” : les statues enlevées ont été remises dans l’espace public et de nouveaux monuments néocoloniaux ont été construits.

Troisièmement, les nouvelles remises en question des statues coloniales à partir des années 2010 se sont heurtées à une forte résistance. La compréhension de cette histoire est cruciale, car elle expose les défis liés à un véritable dépassement du monde et de l’ordre colonial.

Statues coloniales à l’indépendance (années 1950-1980)

Alors que les pays africains accédaient à l’indépendance entre les années 1950 et 1980, les…

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Auteur: Sophia Labadi, Professor of Heritage, University of Kent

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