Les street medics face à une répression « de plus en plus féroce »

Toulouse (Haute-Garonne), reportage

Entre les drapeaux, les pancartes et les Gilets jaunes, un casque orné d’une étoile rose à six branches transperce la foule. Près de 80 000 personnes selon les syndicats, 26 500 d’après la préfecture, sont dans la rue pour « l’acte II », samedi 24 octobre à Toulouse, en soutien au mouvement lycéen et contre la vie chère. Paloma et ses trois collègues de l’organisation Pink Medics se déplacent jusqu’en tête d’un cortège particulièrement festif et joyeux.

« On a créé cette organisation il y a quatre ans, et nous sommes aujourd’hui une trentaine à Toulouse. Notre rôle, c’est d’être en appui de la manifestation pour fournir les premiers secours aux personnes blessées », détaille la street medic, des lunettes de protection accrochées sur la tête en prévision des gaz lacrymogènes. « On fonctionne de la manière la plus horizontale possible et on essaie de mettre l’accent sur le consentement de la personne soignée. On tente de créer une bulle réconfortante au milieu de toute cette violence. C’est notre manière de lutter », poursuit Marc, le dernier arrivé dans la bande.

Ce jour-là, six équipes de Pink Medics sont en appui de la manifestation. Outre ces rassemblements urbains, les Pink Medics, qui ont pu compter sur le soutien de l’association écologiste Extinction Rebellion à leur création, sont déjà intervenus lors de grands weekends de mobilisation, par exemple contre l’autoroute A69 et contre la LGV Bordeaux-Toulouse.

Malgré leur tenue très identifiable et leurs larges sacs remplis de matériel médical, « on n’a aucun statut légal pour intervenir en manifestation », explique Léon, en tête de la petite équipe qui fend la foule. « Il peut arriver que la police nous saisisse du matériel ou des protections, comme notre masque ou notre casque, malgré notre carte de secouriste, poursuit-il. On est de plus en plus perçus par…

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Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette