Entre grève préventive chez TotalEnergies, grève inédite chez EDF et dans les centrales nucléaires, marche contre la vie chère de la France insoumise, recours aux réquisitions et au 49.3, la France automnale est le théâtre de nouvelles contestations sociales. Dans ce dialogue social tendu, les syndicats tentent de rester visibles.
Chez TotalEnergies, après l’annonce des « super profits » au deuxième trimestre 2022 et du nouveau salaire de Patrick Pouyanné (+52 % d’augmentation, soit un salaire de 5.944.129 €),la fédération CGT de la chimie appelle à la grève à compter du 27 septembre auprès des raffineries du groupe TotalEnergies et exige d’ouvrir des négociations sur les salaires avec une augmentation salariale de 10 % pour lutter contre l’inflation galopante. Les Négociations annuelles obligatoires (NAO), rendez-vous mis en place chaque année depuis les lois Auroux de 1982 pour renégocier les salaires, les conditions de travail et le partage de la valeur, connaissent un bouleversement depuis deux ans, non seulement dans la réouverture des négociations en milieu d’année mais également dans l’importance que reprend la question salariale.
Read more:
Les Français accepteraient dorénavant plus de chômage pour moins d’inflation
Une alliance inédite
Les cinq raffineries suivent le mouvement avec les deux raffineries du groupe Esso filiale d’ExxonMobil. Pourtant, au sein du groupe Esso, un accord majoritaire a déjà été trouvé entre la direction, la CFE-CGC et la CFDT et les augmentations salariales validées à l’inverse de TotalEnergies qui souhaitait ouvrir les négociations qu’à compter du mois de novembre. La fédération de la CGT de la chimie, la plus contestataire de la confédération, voit là le moyen de bloquer le pays et d’envoyer un message fort aux militants six mois avant le congrès de cette confédération où Philippe Martinez, l’actuel secrétaire général, devrait être remplacé.
Il s’agit aussi d’un signal important fort transmis à la direction de TotalEnergies, aux autres confédérations syndicales, aux Français et au gouvernement, afin de faire pression sur l’exécutif. Ainsi Emmanuel Macron a été contraint de s’emparer de ce sujet lors d’un entretien télévisé alors qu’il ne souhaitait pas s’immiscer dans ce conflit qui concernerait plutôt au premier chef les entreprises.
Read more:
Comment la réforme des retraites pourrait bouleverser notre rapport à la solidarité nationale
Un clivage très médiatique
Si la grève préventive au sein des raffineries permet de bloquer le pays, cette action militante de la CGT a pour avantage de créer un rapport de force pour exiger d’entamer les négociations, ce qui fut le cas au sein du groupe TotalEnergies.
Confortées par l’arrêté préfectoral du préfet du Nord sur le site de TotalEnergies de Mardyck…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Stéphanie Matteudi-Lecocq, Enseignante. Chercheuse au LEREDS, Directrice practice Chez Alixio, Université de Lille

