Les talk-shows, ces émissions de télévision populaires, ne sont pas qu’une simple forme de divertissement inoffensif où se discutent des enjeux de société. De par leurs choix de production et d’animation, ils peuvent mettre à mal les personnes invitées sur le plateau, particulièrement par leurs diverses techniques d’humiliation.
Dans le milieu de la recherche universitaire sur l’industrie de la culture, de l’information et du divertissement, l’étude des talk-shows occupe pourtant une place plutôt modeste, éclairée surtout par la sémiologie (qui est l’étude des signes et de leurs significations), les études en journalisme et les sciences du langage.
Dans de tels contextes, ce genre médiatique paraît inoffensif, ne faisant appel qu’à des stratégies discursives comme l’interview ou le débat dans la perspective d’informer ou de divertir la population tout en exploitant des sujets d’intérêt public.
Placé sous la loupe d’une pragmatique de la communication telle que je la mobilise dans mes travaux de recherche sur la culture populaire, les talk-shows se présentent toutefois sous des aspects plus inquiétants. Le genre s’illustre, notamment sur le plan éthique, du fait des mesures humiliantes et contraignantes que les hôtes prennent à l’encontre de leurs invités pour en obtenir des révélations inattendues ou compromettantes dans l’expectative de gains en popularité.

Morales flexibles et égos démesurés
Vus sous cet angle, les talk-shows deviennent des machines à broyer la dignité humaine, actionnées sciemment par des producteurs à la morale flexible et des animateurs à l’égo démesuré à des fins ludiques, narcissiques ou capitalistes.
Le propos de cet article est de faire apparaître le caractère…
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Auteur: Sylvie Genest, Professeure à la Faculté des arts, Université du Québec à Montréal (UQAM)

