Les taux de cadmium dans les engrais devront être divisés par plus de 3 en 2030

Le gouvernement accélère sa trajectoire de réduction du cadmium dans les engrais phosphatés. Vendredi 2 octobre, quatre textes règlementaires ont été publiés pour encadrer les teneurs en contaminants des fertilisants et leurs apports dans les sols agricoles. À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les engrais phosphatés ne pourront plus dépasser 60 milligrammes de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique (P₂O₅), contre jusqu’à 90 mg/kg pour certains engrais aujourd’hui. Le plafond sera abaissé à 40 mg/kg en 2028, puis à 20 mg/kg en 2030. Les apports de cadmium provenant des engrais minéraux seront, eux, limités à 3 grammes par hectare et par an dès 2027.

Ce seuil de 20 mg/kg correspond à la recommandation de l’Anses, qui préconise aussi de limiter les apports à 2 g/ha/an. Le calendrier annoncé est nettement plus rapide que celui soumis à consultation publique entre le 26 mai et le 30 juin : le projet prévoyait alors 40 mg/kg en 2030, puis 20 mg/kg au plus tard en 2038. Il est en revanche plus lent que celui adopté par les députés le 3 juin, qui fixait le seuil de 40 mg/kg dès 2027.

Lire aussi : Cadmium : les données clés d’une contamination

Le cadmium s’accumule dans les sols puis peut contaminer les cultures et l’alimentation. Ce métal lourd est associé à des atteintes rénales et osseuses, à des troubles de la reproduction et à un risque accru de plusieurs cancers, dont ceux du poumon, de la prostate, du rein et du pancréas. Il a été détecté dans 89 % des aliments étudiés par l’Anses et la moitié de la population française présente une imprégnation jugée préoccupante. 100 % des enfants de 2 à 3 ans testés étaient contaminés au-delà les valeurs sanitaires de référence.

Le sujet était devenu politique au printemps, avec huit pétitions demandant de limiter l’exposition au cadmium.

Abonnez-vous à la…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: