Dans son nouveau hors-série, le magazine 60 Millions de consommateurs s’attaque aux aliments ultratransformés — ces aliments farcis d’additifs, fabriqués à l’aide des procédés de transformation industrielle les plus poussés.
Alors que leurs effets délétères sur la santé sont de mieux en mieux connus, ils sont omniprésents dans les supermarchés : sur 210 produits étudiés par le magazine, seuls 15 (soit moins de 1 sur 10) échappent à cette catégorie. 60 Millions de consommateurs demande un affichage obligatoire sur les emballages, en complément du Nutri-score.
Le magazine décrit des liens historiques, peu connus, entre les géants de l’alimentation et ceux du tabac. Les méthodes similaires entre les deux secteurs sont réelles. Entretien avec Sophie Coisne, rédactrice en chef adjointe, en charge de ce hors-série.
Reporterre — Quelles sont les méthodes de l’industrie agroalimentaire venues des fabricants de tabac ?
Sophie Coisne — Parmi les tactiques importées, la plus emblématique est la « fabrique du doute ». Pour diluer sa responsabilité vis-à-vis du cancer, l’industrie du tabac a financé de nombreuses études scientifiques sur les causes multiples de la maladie afin de détourner l’attention du grand public.
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L’agroalimentaire a repris cette technique. Coca-Cola a braqué les projecteurs sur le lien entre le manque d’exercice physique et l’obésité, pour faire oublier le rôle majeur du sucre dans le développement de la maladie.
Au-delà, vous détaillez aussi des liens historiques et capitalistiques entre les deux industries.
Des chercheurs américains les ont documentés. Ils ont travaillé sur les archives de deux grands cigarettiers, Philip Morris et RJ Reynolds, qui ont racheté des acteurs de l’industrie agroalimentaire dans les années 1980. Ils ont investi non pas dans des produits bruts…
Auteur: Benjamin Douriez
