Les ténèbres, le chaos, la clarté

Du chaos, un cheval de Troie, des métamorphoses et la sortie des ténèbres comme de l’époque. Quelques éléments mythologiques pour une compréhension du 17 octobre et de ses suites.

Le chaos

Ils ont raison, le 17 octobre c’était le chaos. C’est-à-dire, selon la mythologie grecque, « l’espace préexistant à toute chose et notamment à la lumière. »

Le 17 octobre a été « un gouffre » dans le calendrier de la démocratie représentative qui aurait dû réguler nos révoltes jusqu’aux élections, « une faille » dans le règne de la marchandise qui devait organiser nos vies jusqu’à la fin des temps.

Avant d’être un chaos ce fut un Kairos, toujours selon les grecques, « l’usage du moment opportun. » La rencontre entre une bulle spéculative d’internet, les défaites passés et le mouvement de la jeunesse. Un accident de calendrier, le dieu du temps rattrapé par les cheveux, « une autre dimension du présent créant de la profondeur dans l’instant. »

Quelles sont les forces qui, en chutant dans « la béance » du chaos, ont débordé et humilié le dispositif policier ?

Les fantômes des Gilets jaunes obligeant la préfecture à stationner des troupes autour des lieux de pouvoir. Le « peuple de gauche » défilant dans les cortèges autorisés et fixant une partie du dispositif autour des axes principaux.

Surtout, la rencontre entre deux gestes émeutiers. Celui du cortège sauvage, avec banderoles, pancartes et drapeaux ; des pratiques d’affrontement, de dissimulation et de déplacement collectif, de la musique et des chars carnavalesques. Et celui du pillage, des petits groupes hyper-mobiles et non-identifiables, qui, profitant du désordre ouvrent les magasins et attaquent les forces de l’ordre.

Le chaos du 17 octobre a été possible d’une part par l’imprévisibilité et l’opacité d’un soulèvement lié à une date improbable. D’autre part, par la massification de ces deux…

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Auteur: dev