Bernard Arnault, PDG de LVMH, a dénoncé l’augmentation possible des impôts sur les entreprises françaises, évoquant un risque de délocalisation. Il a vanté le « vent d’optimisme » américain après avoir assisté à la cérémonie d’investiture du président Trump. D’autres patrons ou représentants du patronat espèrent l’arrivée d’un Milei français, faisant référence au président argentin ultralibéral. Le patronat français serait-il en pleine mutation idéologique et politique ?
Les patrons français seraient-ils séduits par la voie tracée par Javier Milei ou par celle de Donald Trump ? Mettre en parallèle le débat argentin et le débat états-unien avec la situation française n’a rien d’évident. En effet, les fondements idéologiques de certaines approches – telles que l’anarcho-capitalisme, le libertarianisme, ultra-libéralisme – restent très éloignés des débats français, tout comme l’idée de gouverner l’État comme une entreprise, souvent invoquée aux États-Unis. Les choses ont-elles changé avec les années Macron et sa « start-up nation » ?
« L’entreprise est la solution, l’État est le problème »
En France, les patrons votent majoritairement à droite depuis longtemps, mais leurs prises de position publique sont rares, sauf pour ceux qui entendent intervenir « dans le sens noble du terme » dans « la vie de la cité ». Leur parole est le plus souvent portée par des journalistes économiques qui relatent ce que les « milieux patronaux », souvent anonymes, leur disent ressentir.
Il y a toujours eu en France, depuis plusieurs décennies, le Medef ou certains grands patrons, et des éditorialistes libéraux notamment Nicolas Baverez, Olivier Babeau ou Nicolas Bouzou qui pensaient, voire disaient, que l’entreprise était la solution, et l’État le problème, qu’il fallait laisser faire les capitaines d’industrie et tous les entrepreneurs, seuls créateurs…
Auteur: Michel Offerlé, Sociologie du politique, École normale supérieure (ENS) – PSL

