Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), reportage
Il faut s’imaginer un paysage à la Germinal de Zola, matérialisé pour l’éternité par le film de Claude Berri (1993). De la fumée, des bruits métalliques. Des hommes, la pauvreté et l’exploitation. La solidarité, aussi. Et les puits, avec toute une vie ouvrière qui se développe autour de ces églises des temps modernes, pour aller extraire une énergie pas chère, mais polluante : le charbon.
À Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), c’est en 1894 que la fosse 11 a commencé à en remonter. La fosse 19, elle, est venue bien plus tard, en 1960. Ces deux puits ont créé les fameux terrils jumeaux, emblèmes du Nord-Pas-de-Calais, symboles un peu honteux d’une exploitation ouvrière.
Le site du 11/19 a fermé en 1986, mais, du passé, a été fait une fierté, bien aidée par le classement du bassin minier à l’Unesco en 2012. Depuis, le regard a changé sur ces montagnes noires. Ces amas de roches, que l’on pensait stériles, ont vu la biodiversité s’y épanouir, jusqu’à devenir des zones refuges. Reporterre est parti à la découverte de cette faune et de cette flore, avec une guide du centre permanent d’initiatives pour l’environnement Chaîne des terrils.
« Le terril est un milieu créé par l’humain, détaille Orane Wojtyna, chargée d’études naturalistes pour Chaîne des terrils. Il ressemble au milieu dunaire, voire aux coteaux calcaires. C’est très sec et chaud. Et l’habitat est varié. On y retrouve beaucoup d’espèces des dunes, qui commencent à souffrir dans leur milieu d’origine. Le terril leur permet de trouver un refuge et de se maintenir. »
Après un master d’expertise naturaliste et gestion de la biodiversité, Orane Wojtyna a débuté à la Chaîne des terrils en 2025. « Je fais beaucoup de terrain, et cela me plaît. Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’espèces différentes sur les terrils. Œuvrer à la protection du milieu…
Auteur: Stéphane Dubromel

