De leur langue à l’enseignement des arts traditionnels, les Tibétains en exil protègent l’identité culturelle d’une terre que la plupart n’ont jamais connue et où ils accusent la Chine de s’évertuer à l’éradiquer.
Accroupi devant un « thangka » où figure un Bouddha, l’artiste Lobsang Tenzin enseigne cette peinture traditionnelle à six jeunes Tibétains à l’Institut Norbulingka, dans le Nord de l’Inde.
M. Tenzin, âgé de 49 ans, a lui-même été formé dans cet institut où plus de 300 femmes et hommes s’initient à la peinture, la broderie, au tissage et à la sculpture sur bois.
Ce vaste complexe rouge et vert, de style tibétain, fondé en 1995 pour servir d' »émissaire de la culture tibétaine », est situé près de la résidence du dalaï-lama, à Dharamsala, accroché à une colline de l’Himalaya indien.
« Il est important de préserver les traditions de notre histoire », souligne M. Tenzin en trempant son pinceau, fin comme une aiguille, dans les riches pigments bleus confectionnés avec de la poudre de lapis-lazuli. « Ce savoir-faire était sur le point de se perdre, mais nous le transmettons à de jeunes artistes ».
Dimanche, les Tibétains marquent le 65e anniversaire du soulèvement du 10 mars 1959 contre les forces chinoises qui a conduit à l’exil le dalaï-lama, leur chef spirituel, suivi de dizaines de milliers de compatriotes.
La Révolution culturelle chinoise (1966-1976) parvenue au Tibet a réduit temples et monastères à l’état de ruines.
Des décennies plus tard, des militants dénoncent l’acharnement de Pékin à effacer l’identité culturelle et religieuse de leur pays.
Lhadon Tethong, directrice du Tibet Action Institute, condamne ce qu’elle qualifie de « génocide culturel » au Tibet où les enfants sont « endoctrinés » dans les internats publics, Pékin imposant des restrictions…
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