Les traités environnementaux résisteront-ils à la crise du multilatéralisme ?

Le droit international en matière de protection de l’environnement dispose de nombreux outils et textes, à commencer par ceux produits, depuis les années 1990, dans le sillon des fameuses COP. Or, l’effort déployé par les différents acteurs afin de les produire demande une adaptabilité à un contexte changeant. L’arrivée au pouvoir de pourfendeurs du multilatéralisme climatosceptiques, spécialement aux États-Unis, représente un danger majeur pour la future application de ces dispositions.


Le 6 janvier dernier, Emmanuel Macron a accusé Elon Musk de soutenir une « internationale réactionnaire » menaçant les institutions multilatérales. Cette déclaration met en lumière un enjeu de taille pour la gouvernance environnementale mondiale : alors que les crises écologiques s’intensifient, les accords internationaux font face à des pressions politiques et économiques croissantes qui remettent en question leur légitimité et leur efficacité.

Dans ce contexte instable, les traités environnementaux doivent non seulement résister aux attaques, mais également s’adapter afin de répondre aux évolutions scientifiques et socioéconomiques.

La gouvernance environnementale : entre avancées, défis politiques et adaptations nécessaires

Avec trois conférences des parties (COP) majeures, 2024 a été une année historique pour la gouvernance environnementale mondiale.

La COP29 sur le climat, à Bakou, a adopté des règles plus strictes pour renforcer l’intégrité des marchés carbone, un outil important pour inciter à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La COP16 sur la biodiversité, à Bali, a créé un fonds sur le partage des bénéfices liés aux ressources génétiques. Enfin, la COP16 sur la désertification, à Riyad, a annoncé de nouveaux engagements pour la restauration des terres et la préparation à la sécheresse, notamment à travers le Partenariat mondial pour la résilience à la…

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Auteur: Noémie Laurens, Chercheuse postdoctorale, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

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