Longtemps acquis aux Démocrates, le vote des travailleurs syndiqués est aujourd’hui incertain. Or il pourrait décider de l’issue de l’élection présidentielle dans les États clés du Midwest…
Pour espérer remporter l’élection présidentielle, Kamala Harris devra convaincre et mobiliser massivement les syndicats et leurs adhérents, en particulier dans les États clés du Nord du pays (Wisconsin, Michigan, Pennsylvanie) et du Nevada, qui comptent la plus forte densité de salariés syndiqués du pays : c’est le cas d’au moins 12 % des travailleurs dans ces États.
Si le taux de syndicalisation des salariés américains a fortement décliné ces dernières décennies, passant de 20 % en 1983 à 10 % aujourd’hui (soit 14,4 millions de personnes), les travailleurs syndiqués demeurent une force électorale significative dans de nombreux États de la Rust Belt (ceinture de la rouille), cette région industrielle du nord-est du pays ainsi surnommé car les usines qui ont longtemps fait sa richesse sont désormais souvent abandonnées. Or, même si la candidate démocrate a reçu le soutien des plus grandes centrales syndicales du pays, des doutes subsistent quant au comportement électoral des travailleurs syndiqués eux-mêmes.
Leur loyauté électorale est devenue plus qu’incertaine, certains n’hésitant plus, comme en 2016, à rompre ouvertement avec les consignes de leur organisation. Ce sont ces divergences internes qui ont conduit le syndicat des chauffeurs routiers, Teamsters, ou encore celui des sapeurs-pompiers, International Association of Fire Fighters, à n’appeler à voter pour aucun candidat lors de l’élection présidentielle de novembre 2024.
Ces décisions, et les conditions dans lesquelles elles ont été prises, illustrent l’hétérogénéité des organisations syndicales, autant que les difficultés du Parti démocrate à convaincre certains segments de l’électorat des travailleurs syndiqués, de…
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Auteur: Robert Chaouad, Adjunct assistant professor, City University of New York

