La Cour des comptes s’insurge contre le coût public des aides publiques à l’élevage bovin, en effet considérable : 4,3 milliards d’euros par an. La solution qu’elle propose est simple : moins de bovins. Cela énerve beaucoup les éleveurs, ce qui est compréhensible, et agace même le ministre de l’Agriculture.
La Cour des comptes a raison… et tort
Claude Aubert
Ingénieur agronome, pionnier de l’agriculture biologique
La Cour des comptes a raison, car il y a en effet trop de bovins en France. Nous mangeons trop de viande et même trop de produits laitiers. Alors oui, certains éleveurs devront se reconvertir, tout simplement parce que les habitudes alimentaires changent et doivent changer, à la fois pour l’environnement et pour notre santé.
Mais le principal argument contre les bovins et autres ruminants est qu’ils rejettent du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Le moyen le plus simple de limiter ces émissions est en effet d’avoir moins de ruminants, et en particulier de vaches.
On peut aussi réduire quelque peu leurs émissions en modifiant leur régime alimentaire, par exemple en ajoutant à leur ration de l’huile de lin ou certaines algues à leur alimentation. Mais les possibilités de réduction restent limitées, et cela a un coût pour l’éleveur.
Là où la Cour des comptes a tort, c’est en sous-estimant fortement le potentiel de séquestration du carbone par l’élevage bovin bien conduit. En réalité, le seul moyen d’améliorer fortement le bilan d’émission des ruminants est de compenser leurs émissions de méthane.
Et là, les experts ne sont plus d’accord. La majorité prétend qu’on ne peut ainsi compenser qu’une partie des émissions, estimée en général au mieux à 40 %, sur la base de bilans carbone établis dans de nombreux élevages. Et pourtant quelques élevages arrivent à une compensation approchant les 100 %. C’est donc possible, mais comment font-ils ?
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Auteur: Claude Aubert

