Les vagues de chaleur humides
Selon une étude parue dans Nature Geoscience et menée par une équipe de chercheurs internationaux, la température de surface des océans côtiers pourrait constituer un indicateur précoce des épisodes extrêmes de chaleur humide.
« L’élévation de la température de surface des océans côtiers est responsable de 50 à 64 % de l’augmentation des vagues de chaleur humides », précise Fenying Cai, chercheur à l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat et premier auteur de l’étude, à La Relève et La Peste.
Les vagues de chaleur humides sont des épisodes qui combinent des niveaux élevés d’humidité et de chaleur. Pour mesurer cette « température humide », on utilise un « thermomètre mouillé » (wet-bulb temperature en anglais). Il s’agit en fait d’un thermomètre sur lequel est posé un chiffon humide, l’évaporation de l’eau refroidissant le thermomètre.
« Lorsque la température humide dépasse 31,5 °C, le corps humain ne peut plus se refroidir efficacement par la transpiration ; à 35 °C, ce seuil devient mortel, même pour les personnes en relativement bonne santé », explique Fenying Cai.
En cause : la quantité d’eau qui peut être évaporée par notre peau dépend de la quantité de vapeur d’eau déjà présente dans l’air. Lorsque la chaleur et l’humidité sont trop élevées, les êtres humains ne peuvent se refroidir correctement.
Prédire les changements océaniques, un enjeu de santé publique
C’est en s’appuyant sur des données climatiques de 1982 à 2023 que les chercheurs ont démontré que la multiplication des épisodes de chaleur et d’humidité extrêmes coïncide fortement avec des épisodes de réchauffement des océans côtiers, « notamment sous les tropiques, où les océans apportent davantage d’humidité à l’atmosphère, laquelle est ensuite transportée vers les terres, amplifiant ainsi la chaleur »,…
Auteur: Charlene Catalifaud

