C’était il y a à peine quelques semaines, quand nous subissions le premier coup de chaleur d’un été qui s’annonçait déjà suffocant. Un journaliste de RMC nous enjoignait à arrêter de pleurnicher. « Tu mets un t-shirt, t’arrêtes de chouiner et basta ! » Et d’ajouter : « L’actualité “il fait chaud” dès qu’on dépasse 30 °C, ça suffit ! J’entends parler de sécurité. Mais sécurité de quoi ? »
Pour trouver des réponses à ses interrogations, sans aucun doute légitimes, nous lui conseillons vivement de lire le copieux rapport d’Oxfam « Santé et climat : la fièvre monte, quand le réchauffement climatique menace notre santé », publié le 18 juin.
« Une hécatombe sanitaire grandissante »
Les chiffres inédits de l’étude donnent à voir la catastrophe sanitaire qu’entraînent les températures caniculaires. Et surtout, ces données pointent, de façon implacable, l’inégalité sociale provoquée par le réchauffement climatique. « Notre système de santé n’est nullement prêt à répondre à cette hécatombe sanitaire grandissante », alerte l’ONG.
5 398 décès chaque année
Chaque année, la chaleur provoque 5 398 décès en France, en moyenne. Les fortes températures aggravent le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) et les maladies cardiovasculaires. Elles sont dangereuses pour la santé du cœur, elles compliquent les grossesses, multiplient les symptômes des maladies chroniques, accroissent la perte de sommeil, renforcent les syndromes d’anxiété et malmènent aussi notre santé mentale.
À titre d’exemple, pour chaque augmentation de la température de 1 °C, les risques d’AVC augmentent de 3,8 %. Le risque de mourir d’un infarctus du myocarde est aussi 7 % plus élevé lors des 1 % des journées les plus chaudes de l’année. Les principales victimes ? D’abord et avant tout les femmes, souvent mal diagnostiquées et mal soignées,…
Auteur: Gaspard d’Allens

