Les Conventions de Genève de 1949 ont posé la première pierre de la protection des civils qui se sont révélés être les principales victimes des conflits depuis ces soixante dernières années.
Le droit international humanitaire prévoit une protection supplémentaire pour les groupes vulnérables comme les femmes, les enfants et les personnes déplacées.
Il repose sur une distinction entre les membres des forces armées conduisant les hostilités et les personnes civiles avec une réserve, les civils qui perdent leur protection de civils quand ils participent directement au conflit.
La destruction du droit international n’épargne aujourd’hui plus les civils.
À l’envers de cette protection, à Gaza, en Ukraine, les civils tendent à perdre cette protection au nom d’une déshumanisation larvée. La raison du plus fort avait déjà conduit l’administration Bush à créer au début des années 2000 la catégorie « des combattants ennemis hors la loi » pour justifier le traitement indigne des détenus à Guantanamo. L’après 2001, avec la guerre préventive puis la « guerre contre le terrorisme », a marqué une étape majeure dans la destruction du droit international. Cette dernière n’épargne aujourd’hui plus les civils. Cette déshumanisation est également favorisée par l’idée funeste et savamment distillée de victimes qui ne seraient finalement pas si innocentes. Elles ont été essentialisées comme des humains portant une part de responsabilité dans le fait de mourir.
Conséquences catastrophiques
C’est une bascule dont on ne peut pas mesurer les conséquences philosophiques, morales catastrophiques, sur notre destin commun.
Des victimes civiles meurent tous les jours en Ukraine, victimes d’une volonté de Moscou de terroriser les populations, de les faire fuir dans le cadre d’un nettoyage ethnique, de briser un pays, qu’il faut à tout prix…
Auteur: Vincent Brengarth

