Quand on pense aux logements du futur, les technosolutionnistes imagient volontiers des façades intelligentes, des climatiseurs nouvelle génération ou des matériaux high-tech. Plus rarement des habitations creusées dans la roche, des ruelles étroites de médinas centenaires ou des tours à vent dressées au-dessus des toits du désert. Et pourtant, face à des étés toujours plus étouffants, l’avenir pourrait bien avoir un goût de passé.
À Trôo, petit village troglodytique du Loir-et-Cher, les habitants traversent les épisodes de canicule avec un calme presque déconcertant. Là où le thermomètre dépasse parfois les 40 °C, les maisons creusées dans le tuffeau (variété de calcaire) maintiennent naturellement une température avoisinant les 15 °C tout au long de l’année.
« La canicule n’est clairement pas un sujet d’inquiétude pour nous. On sait qu’on peut rester au frais toute la journée si nécessaire », confie à l’AFP Jean-Luc Eclercy-Deterpigny, président de l’association Trôo Tourisme. « On est des privilégiés. »
Maison de Trôo
Dans cette commune de quelque 300 habitants, l’écart entre l’intérieur des habitations et la chaleur extérieure peut atteindre une vingtaine de degrés. Cette performance interroge notre rapport contemporain au bâti.
La lutte contre les fortes chaleurs n’a pas attendu le XXIe siècle : elle s’est longtemps inscrite dans la pierre, la terre et l’ingéniosité des peuples confrontés à des climats hostiles.

Maison de Trôo
Résister à la chaleur par l’architecture
Du Maghreb à l’Andalousie en faisant le tour du bassin méditerranéen, les architectures traditionnelles ont multiplié les stratégies pour faire de l’habitat un refuge contre les fortes chaleurs.
Le secret ? Une conception pensée en fonction du climat local, capable de capter la fraîcheur nocturne tout en protégeant les habitants du soleil.
Au Maroc, les kasbahs en terre crue illustrent…
Auteur: Axel Guerillot

