Les « villes éponges » protègent de la sécheresse et limitent les inondations

Un label chinois, des techniques anciennes

À Paris, 74 % du territoire est imperméabilisé. Chaque année, 45 millions de mètres cubes d’eau de pluie filent vers les égouts. Le réseau sature, la Seine reçoit les déversements et les rues chauffent. Ce constat vaut pour la plupart des grandes villes. Or une autre logique gagne du terrain : garder l’eau sur place.

Le terme « ville-éponge » vient de Chine. L’architecte paysagiste Kongjian Yu, fondateur de l’agence Turenscape, le promeut depuis le début des années 2000. Le déclencheur politique est l’inondation de Pékin du 21 juillet 2012, qui a fait 79 morts. Dès 2014, le gouvernement chinois en fait une politique nationale. Trente villes pilotes sont désignées en 2015 et 2016.

Les techniques, en revanche, sont bien plus anciennes. Les Britanniques parlent de SuDS, les Américains de LID, les Australiens de WSUD. Malmö a réhabilité le quartier d’Augustenborg (Danemark) entre 1998 et 2002, bien avant la formule chinoise.

La ville-éponge n’est donc pas une technique unique. C’est un label posé sur des dispositifs connus. Désimperméabilisation, noues, jardins de pluie, toitures stockantes, bassins d’infiltration, zones humides urbaines : rien de neuf sous la pluie.

Là où la pluie tombe

La cible première, c’est le ruissellement. À Augustenborg, 90 % des eaux pluviales des toitures rejoignent un système ouvert de canaux et de bassins. Le volume annuel ruisselé a baissé d’environ 20 %.

À Singapour, le programme ABC Waters retient et traite jusqu’à 85 % du volume annuel de pluie du bassin versant. New York compte plus de 13 000 ouvrages d’infrastructure verte. Ils ont évité 680 millions de gallons (2,57 milliards de litres) de surverses d’égouts en 2023.

Ce dernier point compte. En effet, dans les villes équipées d’un réseau unitaire, les fortes pluies font déborder les eaux usées non traitées dans les rivières. Philadelphie vise une…

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Auteur: Isabelle Vauconsant