Les violences anti-LGBTQIA+, un problème systémique encore trop largement invisibilisé

« En 2026, en France, on peut encore mourir pour ce que l’on est », rappelle Flora Bolter, codirectrice de l’Observatoire LGBTI+ de la Fondation Jean-Jaurès. En 2025, 4 900 infractions anti-LGBTQIA+ ont été comptabilisées par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Une hausse quasi continue depuis 2016, avec une augmentation moyenne d’environ 13 % par an entre 2016 et 2024. Si les violences visant les personnes LGBTQIA+ n’ont cessé d’augmenter, celles-ci restent encore largement absentes du débat politico-médiatique.

Les pouvoirs publics et les médias ont du mal à nommer l’homophobie. Il y a un tabou qui persiste.

A. Veyret

Le décès de Noahm en est l’une des dernières illustrations. Initialement ouverte pour « meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste », l’enquête a été élargie le 11 juin du chef d’« homicide volontaire commis à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». « Un soulagement, confie Sophie Friha, l’avocate de la famille de Noahm. C’est une très bonne nouvelle. Cela montre que nous avons été entendus par le parquet. » L’entourage du jeune homme, avait, en effet, dès le départ, dénoncé un motif homophobe.

Silence médiatique, invisibilisation politique

Cette requalification survient après une très forte mobilisation associative. Dès le 2 juin, Couleurs Gaies, une association LGBTQIA+ mosellane, a organisé un rassemblement. « Nous avons réuni près de 250 personnes. C’est énorme pour une ville comme Metz », précise son président

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Auteur: Bérénice Paul

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