Alors que le pays est sous le choc, face à l’horreur d’une affaire portant sur des accusations de viols commis pendant une décennie par plus de quatre-vingt hommes sur une femme sédatée et inconsciente, un autre discours se propage, dans de nombreux médias, qui invite à nuancer le crédit à accorder à la parole des victimes de violences sexistes et sexuelles, ainsi qu’à minimiser la gravité des différents faits relevant de ces violences.
Aujourd’hui, entend-on, le risque serait grand de se substituer à la justice et de détruire, socialement et/ou intimement, des personnes qui auraient simplement manqué de tact ou d’élégance.
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Ce discours, qui se veut raisonnable et modéré, se prétend féministe, mais en réalité s’en prend aux victimes et défend les mis.es en cause. C’est une inversion de la culpabilité, et c’est d’une grande violence pour toutes les victimes. C’est donc à celles-ci que nous nous adressons en premier lieu : nous sommes ensemble, nous vous croyons.
Le crime de viol n’est possible que parce que toutes les agressions qui le précèdent sont tolérées.
On entend également dire que certains propos, certains actes, ne seraient pas si graves – ou le seraient moins que d’autres. Or, il est impossible et condescendant de juger du ressenti d’autrui à sa place, quel que soit le fait de violence subi ; d’autant plus que les recherches menées depuis de nombreuses années montrent qu’il existe un continuum des propos aux gestes violents, et des gestes violents entre eux. Le crime de viol n’est possible que parce que toutes les agressions qui le précèdent sont tolérées.
Notre société normalise ces agressions et les fait disparaître en les…
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Auteur: Collectif

