Mme Patten s’est entretenue avec ONU Info à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, célébrée chaque année le 19 juin.
Pramila Patten : La violence sexuelle liée aux conflits est une forme de violence délibérément destinée à nuire non seulement à la victime, mais aussi à la famille, à la communauté, à la société, et une forme de violence infligée pour inspirer la peur, humilier, déplacer.
La principale raison pour laquelle les violences sexuelles liées aux conflits ne sont toujours pas signalées est la stigmatisation. Les survivants sont souvent frappés par la double tragédie du viol et du rejet. C’est le seul crime pour lequel la société est plus encline à blâmer les victimes que les véritables auteurs.
De nombreux cas de violence sexuelle ne sont pas signalés en raison de la stigmatisation.
Mais il y a aussi la peur des représailles. Les violences sexuelles liées aux conflits sont perpétrées par des acteurs étatiques et non étatiques. Comment dénoncer les acteurs étatiques lorsqu’ils sont eux-mêmes les auteurs de ces violences ?
Il y a aussi le fait qu’il y a un manque de confiance dans les systèmes judiciaires dans de nombreux contextes. Pourquoi réagirais-je lorsque la justice est une rare exception et que l’impunité est la norme ?
ONU Info : Quelle est la prévalence des violences sexuelles liées aux conflits ?
Pramila Patten : Il est très difficile de parler de la prévalence réelle de la violence sexuelle liée aux conflits.
Selon les acteurs humanitaires – et je pense que c’est une sous-estimation- pour chaque cas signalé, il y a au moins 10 à 20 cas qui ne sont pas signalés et qui ne sont pas traités.
Le rapport annuel du Secrétaire général, dont j’ai la responsabilité de compiler et qui est débattu chaque année devant le…
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Auteur: Nations Unies FR

