En une semaine, Bakou a accueilli quasiment quatre fois plus de jets qu’à l’accoutumée. Tel est le résultat de notre enquête, réalisée avec le collectif Mémoire vive, sur la première semaine de la COP29 en Azerbaïdjan. TotalEnergies, Shell… Ces jets privés sont principalement utilisés par des entreprises pétrolières, des milliardaires et des gouvernements peu enclins à réduire leur empreinte écologique.
Pour obtenir ce chiffre, nous avons travaillé avec Mémoire vive : ce collectif à l’origine du compte L’avion de Bernard qui recensait les vols du milliardaire, utilise les données pour rendre visibles des injustices sociales et écologiques. Cette enquête retrace les vols de jets privés atterris à Bakou entre le 8 et le 17 novembre, soit 126 jets privés contre 33 l’an dernier à la même période, marquant une augmentation de 290 %, soit un quasi-quadruplement.
Alors que 2024 s’annonce comme l’année la plus chaude jamais enregistrée, le sommet mondial sur le climat illustre un paradoxe criant : les responsables de la crise climatique y convergent à bord des moyens de transport les plus polluants.
Le rôle des traînées de condensation
Parmi ces vols, nombre d’entre eux sont le fait d’avions en leasing ou de location, permettant à certaines personnalités de dissimuler leur identité et de masquer l’ampleur de leurs déplacements en jet privé.
Cette augmentation du trafic aérien privé, attribuable aux trajets de nombreux représentants d’entreprises et d’États vers la COP29, se traduit par des émissions supplémentaires estimées à environ 4 912 tonnes de CO2, soit l’équivalent de ce qu’émettent chaque année 534 Français. Et encore, il s’agit là d’une estimation basse : les vols avec escales n’ont été comptabilisés que sur leur dernier tronçon en direction de Bakou.
Pour rendre compte des effets globaux de ces trajets aériens, notre enquête a appliqué un…
Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

