Les vrais chiffres de la dépense publique

Le discours anxiogène sur la dette publique présente la France comme un pays quasi soviétique, dont la part des dépenses publiques s’élèverait à 57 % du PIB. Cet indicateur sous-entend que, symétriquement, la part de la dépense privée ne serait que de 43 %. Avec Bruno Tinel, nous avons montré (dans Vive la dépense publique, H&O, 2021) en quoi la méthode utilisée pour aboutir à ce chiffre était erronée et menait à une dépense privée atteignant 260 % du PIB !

Les dépenses régaliennes, de santé et d’éducation ont une part dans le PIB qui ne croît plus depuis 2008.

Un indicateur rigoureusement conforme à l’approche dite « par la dépense », en comptabilité nationale, doit strictement tenir compte de la consommation finale et de la formation brute de capital fixe des administrations publiques. La part des dépenses publiques se limite alors à 27 % du PIB. Elle est comparable (bien que de deux points supérieure) à ce que l’on observe en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. Conséquence d’un choix de société où le périmètre des services publics est plus important en France, elle se situe 8,5 points au-dessus du taux qui prévaut aux États-Unis (18,5 %).

Néanmoins, les données illustrent la tendance récente à réduire la part des dépenses publiques dans le PIB, en application des règlements et directives imposant aux États membres de la zone euro de faire progresser leurs dépenses publiques à un rythme inférieur au taux de croissance potentiel de l’économie. En France, les dépenses publiques croissent désormais à un rythme moyen de 1 % par an, alors que le taux de croissance potentiel est estimé à 1,35 %. L’examen des différentes composantes de la dépense publique est riche d’enseignements.


Sur le même sujet : La fin…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com