Comment écrire ce matin ?
Même mes doigts ne savent plus taper…
Que doit-il se passer dans sa tête ?
Je l’imagine dans sa cellule où José et Daniel, les infatigables depuis tant d’années, vont le rejoindre pour me rappeler plus tard.
« La décision est irrévocable. »
Il a fallu que José me le confirme de vive voix. Pourtant je connais bien la procédure et ses méandres mais il a fallu que je l’entende sans pouvoir répondre, à peine bredouiller un merci…
Il est libéré le 25 juillet.
Il est déjà dans l’Histoire, depuis 41 ans un peu plus chaque jour.
Il est tellement présent dans nos espoirs, nos craintes, nos colères et nos doutes.
Cela se bouscule derrière mes yeux brouillés.
On pense évidemment à Suzanne, elle qui a tant fait et a été à l’origine de la mobilisation grandissante pour sa libération.
Je revois nos bulletins de vote aux dernières européennes qui ont failli être rejetés parce qu’ils portaient son nom : comme je suis heureux que nous n’ayons pas lâché au risque que toute la liste soit invalidée…
Depuis hier soir ça montait dans les messages, jusqu’à celui de 9h moins 5 : « tu crois que cette fois-ci c’est la bonne ?
– Je n’ai plus d’avis je n’ai que des insomnies »…
Et puis le message de José…
J’avais à peine diffusé la nouvelle que le 1er appel fut celui de Jean Paul Delescaut… Il voulait être sûr lui aussi…
Et lui aussi il lui manquait les mots…
Et depuis les appels, les sms, les messages dans des groupes, tout se bouscule.
« Ce soir pour une fois le rassemblement pour Georges sera festif » ai-je écrit en vitesse. Soraya ou quelqu’un d’autre va faire une affiche que l’on relaiera.
La vie fait que je ne pourrai pas être là ce soir mais toute ma journée mes pensées seront entre Lannemezan et mes camarades de Marseille et d’ailleurs, toujours plus nombreuses et nombreux à prendre en plein cœur le combat pour Georges, étendard de la…
Auteur: Charles HOAREAU

