Une étude inédite réalisée sur 8 villes françaises montre que les ZFE impactent l’accès à l’emploi des plus modestes. Il faudrait donc accompagner ce dispositif visant à réduire la pollution atmosphérique de mesures supplémentaires afin que celui-ci ne se fasse pas au détriment des plus précaires.
Ce sont trois lettres qui ont fait couler beaucoup d’encre. Celles de ZFE, pour zones à faibles émissions, soit des périmètres généralement situés en centre-ville, où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte dans le but de réduire les émissions de polluants atmosphériques et d’améliorer la qualité de l’air. En France, elles sont obligatoires dans les villes de plus de 150 000 habitants sous condition de niveaux de pollution de l’air, depuis une loi d’août 2021.
Cette mesure reste pourtant très controversée. De nombreux détracteurs y voient en effet une mesure inégalitaire qui pénaliserait surtout les ménages les plus modestes, qui possèdent souvent des véhicules plus polluants. Qu’en est-il en pratique ? Pour répondre à cette question, nous avons tâché d’explorer les impacts des ZFE en termes d’inégalités dans 8 villes françaises.
Des bénéfices pour la santé largement prouvés
Commençons d’abord par regarder si les effets visés par les ZFE se retrouvent dans leur mise en pratique. Bien que relativement peu nombreuses, les études existantes montrent de fait que les ZFE ont, dans la majorité des cas, un impact non négligeable sur la qualité de l’air et la santé des habitants, et permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
En Europe, la plupart des ZFE mises en place ont ainsi permis de réduire la concentration de polluants atmosphériques, avec des effets allant jusqu’à une réduction de 32 % de la concentration de dioxyde d’azote à Madrid. Les bénéfices en termes de santé sont également clairs : en abaissant les concentrations…
Auteur: Charlotte Liotta, Postdoctoral research fellow, Universitat Autònoma de Barcelona

