Le « retour à la terre » apparaît aujourd’hui comme une pratique significativement présente dans les communautés LGBTQI+. À défaut d’en connaître précisément l’ampleur, on ne peut que constater que la présence queer dans les campagnes est, en France du moins, de plus en plus visible : les marches des fiertés rurales se multiplient, de même que les initiatives collectives, comme celle portée par le Jardin des passages, une petite ferme dans le sud du Cantal.
Cette présence queer souligne un regard transformé sur la ville — longtemps envisagée comme l’unique possibilité d’une vie sociale, culturelle et amoureuse pour les groupes LGBTQI+. La campagne et la vie en « communauté intentionnelle » peuvent aussi devenir, face à la précarité ou une vie vue comme « hors-sol » par exemple, un refuge.
Des contre-cultures qui montrent « une autre manière d’être au monde »
Dans Féministes des champs, la sociologue Constance Rimlinger a décidé de se pencher sur cette « petite minorité » porteuse « d’une autre manière d’être au monde ». Ces contre-cultures sont ainsi loin d’être un sujet « de niche », car « la marge informe sur l’état d’une société et contribue à son évolution », assure-t-elle. Dans cette enquête, l’investissement des espaces ruraux par les femmes, les lesbiennes ou les communautés queers, indissociable des différentes vagues néorurales, est étudié en tant qu’« écoféminisme en acte » — même si les personnes interrogées ne revendiquent pas forcément le terme.
Son enquête socio-historique se déploie sur sept communautés féministes, lesbiennes et/ou queers, en France (Morbihan, Saône-et-Loire, Creuse, Charente) et à l’étranger (États-Unis, Nouvelle-Zélande) ayant démarré entre les années 1970 et les années 2010. À travers ces exemples, elle examine la manière dont l’installation en ruralité, pour des femmes et/ou des minorités de…
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Auteur: Lucile Dumont

