À contre-courant du reste de ses voisins, l’Espagne affichait en 2025 une croissance de +2,8 %, bien au-delà de la moyenne européenne, qui atteignait +1,5 % selon la Banque centrale européenne. À titre de comparaison, la France, l’Italie ou l’Allemagne ont enregistré respectivement des taux de croissance de 0,9 %, 0,4 % et 0,2 %.
La politique fiscale du gouvernement espagnol à l’égard des plus riches contribue en partie à expliquer cette situation.
La taxation des plus riches en Espagne
C’est l’un des seuls pays de l’UE à avoir conservé son impuesto sobre el Patrimonio – ou impôt sur le patrimoine (IP) – depuis sa création en 1977, à l’exception d’une courte période entre 2008 et 2011.
Il est prélevé sur le patrimoine net (biens immobiliers, épargnes, actions, parts de société…) d’un ménage, après déduction des dettes et d’un abattement d’au plus 300 000 euros sur la résidence principale.
Cette taxe s’applique aux patrimoines nets supérieurs à 700 000 euros, avec des taux progressifs de 0,9 % à 3,5 %, variant selon les régions. Sa gestion relève des prérogatives des communautés autonomes, qui en perçoivent également les recettes.
En 2022, 185 101 personnes s’en acquittaient, pour un total de 1,25 milliard d’euros. Les recettes issues de cet impôt restent modestes face à celles de l’impôt sur le revenu et de la TVA (120,28 et 83,909 milliards d’euros), mais il constitue avant tout un levier de justice fiscale et d’autonomie financière régionale.
« En Espagne, l’impôt plancher sur les ultra-riches que je défends constitue désormais un sujet de discussion politique majeur. Le gouvernement espagnol veut faire toute la transparence sur les contributions fiscales réelles des milliardaires », explique l’économiste Gabriel Zucman
Un impôt fragilisé par la concurrence fiscale interne
En laissant aux régions une marge de manœuvre, l’Espagne a cependant ouvert la voie…
Auteur: Louis Laratte

