L’exercice de la médecine connaît de profonds bouleversements, liés non seulement aux progrès spectaculaires des sciences et des technologies de la santé, mais aussi à des changements radicaux dans les relations entre les médecins et leurs patients. L’essor du concept de « patient partenaire », qui se traduit notamment par une plus grande implication des malades dans les décisions en lien avec les traitements, illustre cette reconfiguration.
Le temps où le médecin exerçait son pouvoir sans partage est révolu. Cette relation paternaliste cède du terrain face à une approche dans laquelle le patient devient acteur de sa santé, en partenariat avec l’équipe soignante.
De multiples initiatives qui intègrent les patients dans des activités liées aux soins de santé se sont ainsi développées de par le monde : la plateforme internationale Patient Engagement Synapse en a dénombré plus de 1 000. Le Canada et la Suisse sont à l’avant-garde dans ce domaine, avec des programmes mis en place depuis depuis plusieurs années au sein d’institutions hospitalières. Voyons de quoi il retourne.
Devenir acteur de son traitement
L’Université de Montréal a été pionnière dans la mise en place de cette nouvelle relation entre patients et médecins, dont les bénéfices sont aujourd’hui bien documentés.
Ce changement de perspective favorise l’engagement volontaire et actif du patient dans sa prise en charge et la rigueur avec laquelle il suit son traitement médical. La réticence qui peut survenir quand on « subit » un traitement se transforme en engouement quand on en devient l’acteur.
Mieux encore, investi d’un rôle actif, le malade contribue aux décisions le concernant ; il exprime ses préférences après avoir été dûment informé des avantages et des inconvénients des choix de traitement qui s’offrent à lui. Il participe au suivi de son affection et guide ainsi les adaptations thérapeutiques…
Auteur: Michel Goldman, Président de l’institut I3h, Université Libre de Bruxelles (ULB)

