Les incendies ont dévasté près de 120 000 hectares depuis le début de l’année, alors que le mois d’août a à peine commencé. C’est deux fois plus que l’année 2022, pourtant record. Si le grand public peine à prendre la mesure de ces événements et de leur gravité, ce n’est pas le cas des pompiers professionnels comme volontaires en première ligne.
Se sentent-ils et elles suffisamment soutenus par le gouvernement et les parlementaires ? Comment vivent-ils et elles les polémiques et fausses informations qui occupent le débat public ? Comment évolue leur vision de leur métier dans un contexte de changement climatique et face à des feux toujours plus nombreux et plus violents ? Quels sont leurs besoins et revendications ?
Bon Pote a interrogé Manuel Coullet, sapeur-pompier professionnel en Isère, secrétaire général du syndicat Sud Sdis (services départementaux d’incendie et de secours).
Nous voulions démarrer cette interview par un rappel : pouvez-vous décrire qui sont les pompiers qui interviennent sur les feux de forêt, et dans quelles conditions ?
Chaque année, un ordre national d’opérations est envoyé dans chaque département, avec un nombre de colonnes de renfort à prévoir notamment. A partir de là, les pompiers professionnels et volontaires (il y a en France 44 000 sapeurs-pompiers professionnels mais aussi 200 000 volontaires dont la moitié sont formés aux feux de forêt) peuvent s’inscrire et dire : « Moi, je suis disponible sur telle colonne de renfort et durant telle semaine ». Ils partiront effectivement sur les feux si on a besoin d’eux. Les pompiers volontaires, forcément, ils partent sur leurs congés. C’est courageux, c’est leur choix. Ce qu’on sait moins, c’est que les pompiers professionnels sont en majorité obligés de partir sur leurs temps de repos, donc en dehors de leurs gardes programmées. Pour certains, on nous demande même de…
Auteur: Thibaut Schepman

