Ces dernières années ont vu une succession de mesures et de décisions politiques qui visent à contraindre et à restreindre les libertés associatives. Alors que la France est maillée d’un tissu associatif dense, de telles attaques révèlent les changements à l’œuvre et l’accentuation des tendances répressives de l’État français.
Antonio Delfini et Julien Talpin ont mené une enquête au sein de l’Observatoire des libertés associatives, dont les résultats montrent la façon dont ces instruments coercitifs se sont développés ; les deux auteurs proposent également des pistes pour défendre les libertés associatives et donc étendre le champ de la démocratie. Nous publions un extrait de leur ouvrage, qui vient de paraître aux éditions Textuel : L’État contre les associations. Anatomie d’un tournant autoritaire.
2015 : Année décisive
L’année 2015 constitue un tournant dans l’histoire des relations entre l’État et le monde associatif. D’un côté, c’est peu connu, elle constitue l’acmé de la reconnaissance institutionnelle du fait associatif avec en particulier l’édiction de la « circulaire Valls ». Cette institutionnalisation de relations partenariales va être percutée par les attentats. Le vote de l’état d’urgence après les attentats du Bataclan en novembre s’avère décisif. D’emblée, celui-ci se traduit par une restriction des libertés, avec l’interdiction des manifestations écologistes prévues en marge de la COP21 à Paris en décembre et l’assignation à résidence de 27 militants. Les outils de l’état d’urgence s’étendent immédiatement au-delà des seuls groupes suspectés de terrorisme, restreignant la liberté de rassemblement et de manifestation. Ce n’est qu’une première étape. Comme le souligne Vanessa…
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