Lundimatin n’étant pas un appareil idéologique d’État ni l’organe conscient dont on ne sait quel parti électoraliste, les « lignes mélodiques » qui y émergent sont plus proches, selon Ivan Segré, de celles du « free jazz » que d’un orchestre mené à la baguette. À ce titre, Ivan Segré nous a proposé une habile variation universaliste sur le conflit israëlo-palestinien en réponse à la re-publication récente d’un article de 2018 qui, entre les lignes, s’adressait à son travail. Et même si lorsque le piano tente un solo, il lui faut d’abord jouer des coudes et des bémols contre les instruments à vent qui, un instant auparavant, prenaient excellemment tout l’espace sonore, il n’en demeure pas moins qu’on aime toujours lorsqu’un écart bouscule le groove.
Fait singulier : lundimatin a jugé pertinent de publier une seconde fois un article déjà paru, intitulé « Que lire pendant l’occupation ? ». Seul le sous-titre a été modifié : en juillet 2018, c’était « A propos de la Palestine et de Lundimatin » ; en novembre 2023, c’est devenu « comment éclairer la question palestinienne ». Pour justifier la seconde publication de cet article, lundimatin explique :
« Nous republions ici ce texte, paru en juillet 2018 et qui venait interroger l’absence d’articles de lundimatin traitant de la marche du retour et de la résistance palestinienne. Il nous paraît doublement important de le lire ou de le relire : d’abord parce qu’il éclaire brillamment la condition palestinienne, ensuite parce qu’il polémique avec un niveau d’exigence aussi rare que nécessaire. »
Il est remarquable que lundimatin prenne ainsi position en faisant un tel éloge d’un article dont la cible explicite se trouve être un contributeur régulier. Car si le texte publié deux fois est anonyme, sa cible ne l’est pas : « Ivan Segré ».
Pour appréhender un tel phénomène, il importe…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

