De manière inattendue, le 3 janvier dernier, un commando de la Force Delta a capturé Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, lors d’une opération qui semblait jusqu’alors impossible. Contrairement à d’autres invasions, qui ont nécessité une occupation coûteuse pour garantir la passation du pouvoir à un gouvernement favorable aux États-Unis, cette opération militaire n’a duré qu’environ deux heures et n’a laissé aucune trace de marines sur le territoire vénézuélien.
À la suite de cette opération aux allures hollywoodiennes, le gouvernement de Donald Trump a décidé de prendre sous son égide le secteur pétrolier vénézuélien et la gestion économique générale du gouvernement intérimaire, obligeant la nouvelle « présidente par intérim », l’ancienne vice-présidente de Maduro, Delcy Rodríguez, à exécuter ses directives sous la menace d’une deuxième vague militaire de plus grande envergure contre les dirigeants actuels du gouvernement.
Le Venezuela connaît ainsi un curieux « changement de régime », par lequel ce sont ceux-là mêmes qui l’ont dirigé pendant ses 27 ans d’histoire qui commandent le virage vers une forme de protectorat ; c’est ce que beaucoup appellent aujourd’hui, de manière plus ou moins ironique, le « MAGA-chavisme ».
Il s’agit d’une véritable nouveauté politico-militaire, mais qui n’est pas exempte de questions liées à la nouvelle politique économique d’ouverture, à la dynamique d’un gouvernement sous tutelle, au rôle des forces armées et du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) ainsi qu’au rôle de ce qu’on nomme la « bolibourgeoisie ». Un équilibre manifestement instable et incertain.
Il y a un paradoxe apparent dans la manière dont le gouvernement Trump présente le Venezuela : d’un côté, ce serait un pays suffisamment stable pour pouvoir recevoir plus de 100 milliards de dollars d’investissements de la part de compagnies…
Auteur: redaction

