Lettre à un premier ministre en double sursis

Qui éprouve un désir viscéral érotique pour son propre sexe est par définition d’un camp que le monde général conspue. Alors lorsqu’un ministre de l’extrême centre – le petit Attal – revendique son homosexualité comme argument de campagne pour le camp desséché des monolithes « hétéro de droite », il est souhaitable que le Front pédé antifasciste profère la terrible sentence : Gabie, t’es plus un frère, t’es plus une sœur, t’es même plus pédé.

frère, qu’est ce que tu fais ?
frère je te reconnais pas ou plus ?

pourtant je me souviens de toi dans la cour de l’école je voyais bien que tu avais peur
tu te contrôlais pour essayer de cacher quelque chose.
tu sentais tu pressentais les problèmes à venir.
dans ce futur que tu savais plein de violence pour toi, tu avais déjà peur.

tu te souviens de cette peur qui se drape du silence sans fin. sans soulagement.

Gabie, j’sais comme tu aimes le corps des hommes, de l’Homme, caresser de tes mains la peau, des endroits où les poils accrochent,
la rugosité de l’aine, la douceur des côtes, le piquant de la nuque…

Frère, tu te souviens la première fois que tu as abdiqué et qu’enfin tu as bravé toutes les angoisses et toutes les haines de tous les hommes.
Que tu as cassé les murs de ce monde occidental pour nos désirs.
tu te souviens comme ton cœur battait comme folie.
Que l’échafaud faisait moins peur que de laisser tes lèvres toucher les siennes.

Bien sûr tu te souviens de son prénom. Tu te souviens de sa langue et de comment t’avais bandé à exploser toute idée de dignité.

Frère, je me demande si tu te souviens comme il était bon de pas respecter les règles. Comme il était bon de se donner la possibiité d’être libre. Comme il était nécessaire de briser ces chaines…

Parce que oui, même en costume macroniste, même en haut du perchoir, toute indemnité versée est respectabilité, tu bandes pour les hommes et ton désir est…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev