Le 11 novembre dernier, Rodrigue Petitot meneur du RPPRAC, a rendu visite à Jean-Christophe Bouvier, préfet de Martinique. Si la discussion semble avoir tourné au malentendu, il était interpellé dès le lendemain et poursuivi pour violation de domicile, menaces, intimidation et violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Après une tentative avortée de le juger en comparution immédiate, il a été remis en liberté dans l’attente d’un procès en janvier. Un ami guadeloupéen nous a transmis cette longue lettre d’analyse et de soutien à M. Petitot ainsi qu’à toutes celles et ceux qui en Martinique résistent et s’organisent.
Salut Camarade, on ne se connaît pas encore, mais depuis la Guadeloupe où je suis avec un mélange de fierté, d’admiration, d’envie et de frustration (je ne peux pas me résoudre à ce que le peuple guadeloupéen que nous sommes soit aussi anesthésié et tarde trop à joindre une lutte qui ne pourra se gagner qu’ansamm ansamm) votre belle et juste révolution, je tenais à t’écrire ces quelques lignes. Afin de t’apporter tout mon soutien, si cela peut t’aider à supporter cette épreuve. C’est donc simplement comme cela a toujours été le cas dans la lutte des opprimés, un de ces gestes de solidarité et d’amitié sincère sans lesquels les luttes ne peuvent pas aboutir. En 1967, lors d’une glorieuse grève à Saint-Nazaire, les enfants de des métallurgistes des chantiers navaux sont accueillis par les mineurs de Decazeville, qui avaient eux mêmes envoyé leurs enfants à Saint Nazaire pour tenir une longue grève quelques années plus tôt, afin de soulager leurs parents de la charge parentale, et qu’ils puissent se concentrer tout entier sur la mobilisation. Nous avons besoin aujourd’hui d’une solidarité analogue, voire idéalement plus nouée encore que celle-là, plus forte et plus à même de résister à la…
Auteur: dev

