Lettre ouverte à Laurent Nuñez : si la police protège les milices fascistes, qui protège les manifestant·es ?

Le 24 octobre, des groupuscules d’extrême droite ont été signalés dans au moins seize villes françaises : Nice, Toulouse, Lyon, Dijon, Nancy, Clermont-Ferrand, Rouen, Tours, Brest, Caen, Lille, Bayonne, Bordeaux, Montpellier, Nantes et Rennes. Dans plusieurs de ces villes, ils ont violemment attaqué des manifestantes, sous le regard de policiers dont le comportement soulève de graves soupçons de complicité.

À Montpellier, des CRS ont laissé repartir des militants d’extrême droite qui venaient de frapper des manifestantes. À Nancy, des gendarmes sont restés passifs face à des jets de projectiles contre un cortège. Ces images accablantes contredisent le récit de Laurent Nuñez, qui affirme qu’« à aucun moment » la police n’a protégé ces groupuscules.

Quant à la préfecture de Meurthe-et-Moselle, qui affirme que la police intervient « sans distinction d’opinion politique », rappelons-lui que manifester pour la justice sociale est un droit, tandis qu’agresser des manifestantes, inciter à la haine raciale ou faire l’apologie des crimes nazis sont des délits.

Emmanuel Macron a pourtant présenté le maintien de l’ordre du 24 octobre comme un « modèle ». Un modèle de quoi ? D’une police qui réprime, mutile et éborgne les manifestantes, tandis que des milices fascistes peuvent attaquer les cortèges en toute impunité ?

À l’approche du 31 octobre, nous interpellons solennellement le ministre de l’Intérieur :

Monsieur Nuñez, allez-vous continuer à nier les faits ou allez vous enfin faire toute la lumière sur les soupçons de collusion entre policiers et groupuscules fascistes ? Quelles mesures prendrez-vous pour empêcher que ces milices attaquent à nouveau les manifestantes en toute impunité et pour interdire les rassemblements néonazis appelant à la haine et à la violence ?


La passivité face aux violences fascistes n’est pas de la neutralité. Les milices fascistes n’ont pas à…

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Auteur: Attac France