« L'Étudiant » – Tchekhov Feat. Jacques Rancière

La semaine dernière, nous recevions le philosophe Jacques Rancière autour de son dernier livre La liberté au loin – essai sur Tchekhov (l’interview est accessible ici.). Hasard du calendrier, l’atelier Oncléo connu pour ses formidables lectures musicales, enregistrait ‘‘L’étudiant » de Tchekhov et l’accompagnait du commentaire de Rancière. C’est par là.

Création radiophonique de l’Atelier Oncléo à partir de la nouvelle d’Anton Tchekhov « L’Étudiant » (trad. A. Markowicz, éd. Alinéa).

Image : A. Cabrera
Intro : Surface of the Moon, J. Patitucci
Fin : B. Okoudjava, « Молитва », une adaptation de « Prière » (poème que François Villon a sans doute écrit pour sa consolation)

Dans son dernier petit essai (Au loin la liberté), J. Rancière commente ainsi la nouvelle :

« Transformer le malheur en chant et les larmes de la douleur en pleurs de joie : pour beaucoup d’esprits chagrins, c’est là une inadmissible esthétisation du malheur qui empêche d’en comprendre les raisons et d’y chercher les remèdes.
Mais Tchekhov voit les choses tout autrement. Le malheur fondamental est la servitude. Or il n’y a pas d’autre raison à la servitude que la servitude elle-même. Celle-ci reproduit sans cesse, chez les grands comme chez les petits, les manières, les affects et les pensées qui la perpétuent en retour.
Pour briser le cercle, pour former des hommes capables de transformer en réalité l’appel de la vie nouvelle, il faut d’abord changer les manières de sentir. C’est à cette révolution des affects que s’emploie l’écrivain. Pour cela il lui faut raconter et moduler autrement le malheur en mêlant ses accents à ceux de l’appel lointain. II lui faut constituer un enchaînement mélodique qui s’oppose au ronronnement de la servitude et s’enfonce plus profondément que lui dans l’expérience sensible…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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