C’est une étude aux résultats très attendus sur le possible lien entre pesticides et cancers chez les enfants. L’étude « Geocap-Agri » a été lancée par le ministère de la Santé en 2016 à la suite de l’apparition de plusieurs cancers d’enfants dans la région viticole bordelaise. Diffusés en juin 2022, les premiers résultats de cette recherche révèlent un sur-risque de leucémies pour les enfants qui vivent à moins d’un kilomètre de parcelles de vignes cultivées avec des pesticides. Mais les résultats définitifs, promis en juin « pour la fin de l’été », se font attendre.
« À chaque fois qu’on demande une date, celle-ci est repoussée », constate le docteur Pierre-Michel Périnaud, médecin généraliste et président de l’association Alerte des médecins sur les pesticides, à l’origine de cette étude. « L’article a bien été soumis, nous attendons la réponse de la revue. À mon avis, nous l’aurons d’ici moins de trois mois », répond à basta Jacqueline Clavel, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et coautrice de l’étude. Bien après le Salon de l’agriculture qui s’ouvre ce 25 février.
« Il arrive que les publications scientifiques prennent du temps, note Pierre-Michel Périnaud. J’entends bien que toutes les vérifications et relectures nécessitent de nombreux mois, voire années. Mais notre problème, c’est que, en attendant, rien ne se passe. »
Une demande de preuves qui ne cesse jamais
Pas sûr, cependant, que la publication définitive des résultats de l’étude Géocap-Agri change quoi que ce soit. En France, dès que l’on parle de cancers infantiles, quelles que soient l’étendue et la durée des recherches, il manque des preuves… Les parents de Sainte-Pazanne, en Loire-Atlantique, et alentour où 24 enfants sont tombés malades en cinq ans en savent quelque chose.
« Quand il y a eu les cancers infantiles de Preignac [en Gironde] en 2015, l’Institut national de veille sanitaire a dit qu’on ne pouvait rien conclure, parce que le périmètre étudié [l’échelle communale, ndlr] était trop…
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Auteur: Nolwenn Weiler

