L'Europe intellectuelle francophone est mal partie

En raison de quelques déboires administratifs, il m’aura fallu du temps pour formuler une réponse à un article qui m’est resté en travers de la gorge.

Sobrement intitulé « L’Afrique intellectuelle francophone est mal partie », celui-ci se fendait d’une critique au vitriol d’« intellectuels africains » incapables de se détacher d’une idéologie soi-disant « animiste » faisant de leur continent – je cite – « un réservoir de primitivisme [fournissant] complaisamment aux yeux et aux oreilles occidentaux le supplément d’âme dont ils ressentent le besoin  ». Accusation grave, d’autant plus qu’elle était portée par un pourfendeur officiel de la Gauche dite « culturelle ». Passons sur le fait que l’opposition entre « identité » et « politique » est largement artificielle. Ce qui m’intéresse ici est davantage un problème de positionnalité ou de positionnement : pour reprendre la généralisation, celui de l’ « intellectuel européen » reconnu, tout occupé à émettre un jugement sur les idées et conduites de ses collègues de l’ancienne « périphérie » à partir de l’ex-« métropole ».

Car à ce petit jeu, force est de constater que peu de choses ont changé depuis l’époque où Césaire posait sa lettre de démission sur le bureau du Parti Communiste Français : aujourd’hui comme hier, les rapports entre théoricien.ne.s « marxistes » et décoloniaux.ales restent frappés du sceau du paternalisme, si ce n’est de la franche condescendance. En témoignent un autre papier publié par Loïc Wacquant à la même période pour dénoncer l’ « abdication radicale de l’afro-pessimisme » ainsi que le bijou de conservatisme que continue à représenter l’ « impasse des politiques identitaires » de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel. A tel point qu’on finirait par se demander qui est le véritable ennemi – ou plutôt, eu égard à l’esprit de clocher…

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Auteur: dev