Alors que les élections européennes auront lieu dans quelques mois, les limites de l’Union européenne, lorsqu’il s’agit de peser sur le cours du monde, sont apparues cruellement ces derniers jours. L’atrocité des massacres perpétrés par le Hamas, la situation désespérée des civils à Gaza, l’offensive terrestre à venir de l’armée israélienne avec de nouvelles menaces sur la vie des civils et le risque de pertes humaines importantes pour Tsahal, tout devait pourtant concourir à ce que l’Europe, qui est le premier pourvoyeur de fonds aux Palestiniens, joue un rôle actif d’influence et de médiation.
C’est l’inverse qui s’est produit avec une cacophonie sans précédent au sein de la Commission européenne, qui reflète d’abord des divergences de position des États. Le 9 octobre, dans la précipitation, le commissaire hongrois à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage, Oliver Varhelyi, déclarait que la Commission européenne réexaminait son aide à la Palestine et annonçait sa suspension immédiate. Il était immédiatement contredit par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, assurant que l’aide humanitaire vers les Territoires palestiniens serait versée aussi longtemps que nécessaire.
Mais, le 10 octobre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen improvisait un voyage en Israël avec la présidente du Parlement européen, marquant un soutien sans nuances au gouvernement israélien. Un commissaire hongrois, un vice-président de la commission en charge de la politique étrangère espagnol, une présidente de la Commission allemande. Si les convictions de chacun ont pu peser, c’est aussi à travers la nationalité de ces trois personnalités qu’il faut chercher les causes de ce grand désordre. Ursula von der Leyen semblait avoir endossé de nouveau son costume d’ancienne ministre de la défense allemande, Oliver Varhelyi n’a jamais…
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Auteur: par Lucile SchmidVice-présidente de la Fabrique écologique

