La bataille de lobbying autour du Pacte vert s’intensifie. Mercredi 26 février, la Commission européenne doit présenter son projet de loi « omnibus », un ensemble de nouvelles règles destinées à alléger les contraintes administratives pesant sur les entreprises. Derrière cet affichage technocratique se cache un démantèlement en règle des avancées obtenues ces dernières années en matière de responsabilité sociale et environnementale. « C’est l’attaque la plus forte de l’histoire récente de l’Union européenne contre les avancées pour l’environnement, le climat et les droits humains », a dénoncé Olivier Guérin, chargé de plaidoyer de Reclaim Finance, lors d’une conférence organisée par plusieurs ONG.
Si la Commission maintient le mystère sur ses arbitrages, la directive sur le devoir de vigilance, la transparence extrafinancière (CSRD) — deux législations imposant aux entreprises de déclarer leurs effets sur l’environnement et leur exposition aux risques climatiques — et la taxonomie verte — le système européen de classification des investissements verts — devraient être parmi les principales victimes de cette offensive. « La Commission européenne va rendre une sorte d’arrêt de vie ou de mort sur ces textes fondamentaux », prévient Jean-François Dubost, directeur du plaidoyer de CCFD-Terre Solidaire.
Un projet façonné par les lobbies
Annoncé en novembre 2024 par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, l’« omnibus » répond aux revendications du patronat européen, qui juge les nouvelles obligations écologiques et sociales trop contraignantes. Depuis plusieurs mois, le lobby des entreprises privées BusinessEurope, le Medef et les grandes fédérations industrielles exercent une pression constante sur Bruxelles pour supprimer ces normes.
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Ils ont…
Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

